Article publié sur un site littéraire ami de la radio, La plume

 

Je viens de relayer sur La Plume, après l’Appel de plusieurs patrons d’émissions de Radio Courtoisie hier, la lettre ouverte que vient d’adresser Paul-Marie Coûteaux à Henry de Lesquen, actuel Président de la « radio libre du pays réel et de la francophonie ».

Je suis très souvent en profond désaccord avec P.M Coûteaux sur des sujets très politiques :

Sur son appel – délirant ! – à voter NKM aux dernières municipales de Paris.

Sur sa quête sempiternelle, obsessionnelle et à mon sens totalement chimérique d’une « union des droites » via les partis politiques existants (notamment avec cette planche pourrie qu’est LR)… même si je crois tout à fait possible et d’ailleurs foncièrement nécessaire d’œuvrer en effet aux retrouvailles – les plus rapides possibles – du camp souverainiste avec bon nombre d’électeurs de l’ex-UMP, dès lors que ceux-ci, sincèrement patriotes (et j’en connais !) se décideront à être enfin cohérents avec eux-mêmes, à refuser de continuer à jouer les éternels cocus volontaires du parti de Sarkozy, Juppé et Lemaire.

Sur ses très publiques, excessives et en vérité totalement contreproductives attaques envers Marine Le Pen, qui ont tout du règlement de comptes personnel (même s’il y a en effet des choses préoccupantes à reprocher à la ligne politique actuelle du FN et de sa patronne, notamment sur la question essentielle de l’identité), attaques qui ne font pas avancer le Schmilblick d’un millimètre et ne font en réalité que créer un peu plus de division dans la sphère souverainiste… au grand bonheur et au total bénéfice du système en place !

Je suis bien souvent en désaccord donc, mais pour autant je suis presque totalement en phase avec lui, concernant ce qu’il exprime à travers sa lettre ouverte.

Quand de Lesquen sombre en effet, article après article, sur son « site de campagne présidentielle » lesquen2017.com, dans un tropisme, dans des obsessions « anti-nègres » et plus largement « raciales » tout bonnement ahurissantes, écrivant par exemple des choses comme celle-ci :

« Certes, Alexandre Dumas, qui était quarteron, a honoré les lettres françaises (en faisant du reste durement travailler des… nègres pour l’écriture de ses romans !), mais c’était au XIXe siècle, pas avant. Il était du reste trois fois plus blanc que noir… »

Quand il parle de crânes, de l’inégalité des races, de la « mélanisation de la France et de l’Europe », de « race congoïde » à propos des joueurs noirs de l’équipe de France de football (et quoi que l’on puisse par ailleurs penser d’eux, souvent peu dignes du maillot qu’ils portent pour bien d’autres raisons que la simple couleur de leur peau), leur contestant de fait, par la « race », leur droit à la nationalité française…

Quand il reprend à son compte dans son article « Les races sont-elles égales ? » l’affirmation que « les noirs américains ont un Q.I. inférieur en moyenne de 15 points par rapport au reste de la population, ce qui est considérable, puisque la moyenne générale est de 100 » tout en déniant une quelconque origine, une quelconque explication qui puisse être historique, culturelle ou sociale et non simplement « raciale » aux résultats de ce qu’il présente comme des « enquêtes scientifiques » inattaquables…

Rappelant en toutes ces occasions, et pour le coup on ne peut le nier (sans pour autant – hélas ! – se vautrer dans le Point Godwin), des obsessions d’un tout autre temps.

Quand il tweete que : « la musique nègre parle au cerveau reptilien », mettant dans le même sac ragtime, jazz, blues ou rap… Nat King Cole, Billie Holliday, Ray Charles et… Black M, et propose dans la foulée – carrément ! – dans son « programme culturel présidentiel » de l’interdire sur les ondes : « la musique nègre sera bannie des media publics et progressivement éliminée des media soutenus ou autorisés par l’Etat… on pourra écouter sur disque ou par Internet ce qu’on voudra. Mais l’espace public sera assaini » (sic)…

Quand il écrit un article intitulé « les quartiers de francité des candidats à la Présidentielle » où il déclare notamment : « les Français ont beau être égaux depuis l’abolition des privilèges, il est permis d’établir entre eux des hiérarchies de distinction »…

Ou encore lorsqu’il ose écrire dans un article titré « Refuser la France noire », à propos de nos compatriotes ultramarins : « cessons de pratiquer la politique de l’autruche. Martiniquais ou Guadeloupéens sont des gens parfaitement respectables et souvent charmants, mais ils ne sont pas vraiment français… que les Martiniquais, Guadeloupéens, Réunionnais… soient amis de la France, on ne demande pas mieux, mais il est grotesque de les peindre en blanc en feignant de croire que ce sont des Français comme les autres »…

J’en passe (et des pires : allez voir vous-mêmes sur lesquen2017.fr, il n’y a malheureusement que l’embarras du choix)…

Il me parait plus qu’évident, à l’instar de Paul-Marie Coûteaux, de Gabrielle Cluzel et de leurs cosignataires que Henry de Lesquen ne peut plus, ne doit plus, sans lui nuire très gravement, occuper la présidence de Radio Courtoisie. Je demande donc moi aussi, en tant que fidèle auditeur, sa démission.

Non pas parce que je cède (comme il cherche en ce moment même à le faire croire en taxant de lâcheté tous ceux qui ne sauraient en aucun cas souscrire aux propos relayés ci-dessus) à la dictature du politiquement correct mise en œuvre par l’oligarchie qui nous musèle à grands coups de lois liberticides (quiconque m’a déjà lu sur ce sujet saura bien ce que j’en pense !). Ni parce que je remets de quelque façon que ce soit en cause la liberté d’opinion (qui est fondamentale et doit être totale, même débile, dès lors qu’elle n’appelle pas à la violence). Mais parce que, comme je l’ai écrit à Gabrielle Cluzel : « la totale liberté de pensée et d’expression est une fort belle vertu lorsque l’on est un homme libre mais elle est toute autre chose quand on est un responsable, politique ou médiatique, qui engage forcément, par ses déclarations ou ses écrits et quoi qu’il puisse en dire pour se défendre, son parti ou son média ».

Depuis l’appel initial, Bernard Antony, Jeanne Smits et Chantal Delsol ont également apposé leurs signatures à cette demande de retrait de HdL. J’espère que très vite, infirmant cette délicieuse maxime de Jules Renard : « n’écoutant que son courage qui ne lui disait rien, il se garda d’intervenir », d’autres patrons d’émissions (et parmi les plus incontournables) et – surtout ! – de très nombreux auditeurs de la radio se joindront à ceux qui ont eu les premiers le mérite et le cran de prendre la parole. Il est certes toujours très désagréable d’avoir ainsi à demander « la tête de quelqu’un », surtout quand une partie de la meute bienpensante toujours à l’affut des fameux « dérapages » est déjà – forcément – « en chasse » contre la personne concernée. Oui, c’est foncièrement déplaisant, et ce n’est évidemment jamais le « bon moment » pour engager une telle démarche… mais quand la maison brûle, il faut arrêter l’incendie ! J’espère que ceux qui se taisent encore à l’instant où j’écris ces lignes (Jean-Yves Le Gallou ? Max Lebrun ? Anne Brassié ? Dominique Paoli ? L’abbé de Tanouärn ? Catherine Rouvier ? etc.) le font bien plus par profond malaise, lié à une amitié ancienne ou un long compagnonnage politique, que par réelle solidarité avec les propos (absolument lamentables) et la démarche électorale (totalement grotesque) de Henry de Lesquen. Et qu’ils vont finalement sortir de ce silence dans l’intérêt supérieur de notre chère radio.

Radio Courtoisie est trop importante pour tous ceux qui aiment la France éternelle, trop utile pour le combat patriote, trop vitale dans l’optique et l’espérance de ce renouveau français que nous appelons tous de nos vœux, pour être sacrifiée aux obsessions racialistes et délétères de son actuel président.

 

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